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On: "Chapitre 1 Décembre 2001 Je suis devenu ce que je suis aujourd'hui à l'âge de douze ans, par un jour glacial et nuageux de l'hiver 1975. Je revois encore cet instant précis où, tapi derrière le mur de terre à demi éboulé, j'ai jeté un regard furtif dans l'impasse située près du ruisseau gelé. La scène date d'il y a longtemps mais, je le sais maintenant, c'est une 5 erreur d'affirmer que l'on peut enterrer le passé: il s'accroche tant et si bien qu'il remonte toujours à la surface. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que je n'ai cessé de fixer cette ruelle déserte depuis vingt-six ans. L'été dernier, mon ami Rahim khan m'a téléphoné du Pakistan pour me demander de venir le voir. Le combiné collé à l'oreille, dans la cuisine, j'ai compris que je n'avais pas affaire seulement à lui. Mes fautes inexpiées se rappelaient a moi, elles aussi. Après avoir raccroché, je suis allé marcher au bord du lac Spreckels, à la limite nord du Golden Gate Park. Le soleil du début d'après midi faisait miroiter des reflets dans l'eau où voguaient des douzaines de bateaux miniatures poussés par un petit vent vif. Levant la 15 Lête, j'ai aperçu deux cerfs-volants rouges dotés d'une longue queue bleue qui volaient haut dans le ciel. Bien au-dessus des arbres et des moulins à vent, à l'extrémité ouest du parc, ils dansaient et flottaient côte à côte, semblables à deux yeux rivés sur San Francisco, la ville où je me sens maintenant chez moi. Soudain, la voix d'Hassan a résonné en moi: Pour vous, un millier de fois, me chuchotait-elle. 20 Hassan, l'enfant aux cerfs-volants affligé d'un bec-de-lièvre. Je me suis assis sur un banc, près d'un saule, pour réfléchir aux paroles que Rahim khan avait prononcées juste avant de raccrocher, un peu comme une idée qui lui serait venue sur le moment. Il existe un moyen de te racheter. J'ai contemplé les cerfs-volants jumeaux. J'ai pensé à Hassan. À Baba. À Ali. À Kaboul. J'ai pensé à la 25 vie que javais menée jusqu'à ce que t'hiver 1975 vienne tout bouleverser. Et fasse de moi ce que je suis aujourd'hui. Chapitre 2 Enfants, Hassan et moi grimpions aux peupliers de l'allée qui menait à la maison de mon père et, munis d'un fragment de miroir, nous ennuyions nos voisins en réfléchissant sur eux la lumière du soleil. Assis l'un en face de l'autre sur de 30 hautes branches, les pieds nus ballant dans le vide et les poches remplies de mûres séchées et de noix, nous jouions à les éblouir chacun notre tour, tout en mangeant nos fruits et en nous les lançant à la figure entre deux éclats de rire. Je revois encore Hassan, perché dans un arbre, et son visage presque parfaitement rond moucheté de taches lumineuses par le soleil qui perçait à travers le feuillage 35 - un visage semblable à celui d'une poupée chinoise sculptée dans du bois dur, avec un nez plat et large, et des yeux bridés étroits comme des feuilles de bambou qui, selon la lumière, paraissaient tantôt dorés, tantôt verts, tantôt même couleur saphir. Je me rappelle ses petites oreilles basses et son menton pointu, appendice de chair dont on eût dit qu'il avait été ajouté après réflexion. Et puis, son bec-a0 de-lièvre, légèrement décalé à gauche, comme si le burin du sculpteur avait dérapé ou que l'artiste, fatigué, eût prêté moins d'attention à son ouvrage. Parfois, je persuadais Hassan de bombarder de noix le berger allemand borgne de notre voisin. Il s'y opposait systématiquement, mais quand j'insistais, quand j'insistais vraiment, il finissait par céder. Hassan me cédait toujours en tout. Et i5 avec son lance-pierre, il était redoutable. Son père, Ali, se mettait en colère lorsqu'il nous surprenait - enfin, autant que le pouvait un homme d'une telle gentillesse. Il nous menaçait du doigt, nous faisait signe de redescendre et nous confisquait le miroir en nous répétant ce que sa mère lui assenait autrefois, à savoir que le diable aussi s'en servait pour aveugler les gens, en particulier les so musulmans durant la prière. — Et il rit en même temps, concluait-il avec un regard sévère à l'intention de son fils. Inexpiées Que signifie ce mot? Pour vous aider, trouvez le sens du préfixe et du radical. — Oui, père, marmonnait Hassan, les yeux baissés. Jamais il ne me dénonçait cependant. Jamais il ne révélait que l'idée du miroir, s5 tout comme celle de jeter des noix sur le chien, venait de moi. L'allée de brique rouge qu'encadraient les peupliers conduisait à un portail en fer forgé et se poursuivait, une fois franchis les deux battants de ce dernier, jusqu'a notre maison, située à gauche du chemin. Le jardin, lui, était au bout. Chacun s'accordait à penser que mon père, mon Baba, avait fait construire la plus belle demeure du district de Wazir Akbar Khan, un quartier riche et récent du nord de Kaboul. Certains étaient même d'avis qu'il n'y en avait pas de plus belle dans toute la ville. Un large passage flanqué de rosiers donnait accès à cette bâtisse aux innombrables pièces en marbre pourvues de grandes fenêtres. Des mosaïques complexes, sélectionnées avec soin par Baba à Ispahan, ornaient le sol es des quatre salles de bains, tandis que des tapisseries tramées de fil d'or, achetées à Calcutta, recouvraient les murs. Un lustre en cristal pendait du plafond en voûte. À l'étage se trouvaient ma chambre et celle de Baba, ainsi que son bureau, également connu sous le nom de « fumoir», où flottait en permanence une odeur de tabac et de cannelle. Après qu'Ali avait fini de servir le diner, Baba et ses amis o s'installaient sur des fauteuils en cuir noir pour bourrer leurs pipes - sauf Baba, qui «engraissait » la sienne, selon ses propres termes - et discuter de leurs trois sujets favoris: la politique, les affaires et le football. Je sollicitais parfois la permission de me joindre à eux, mais mon père me barrait toujours le chemin sur le seuil de la pièce. 75 - File, maintenant, m'ordonnait-il. C'est l'heure des grands. Pourquoi tu ne vas pas lire un de tes livres? Il fermait ensuite la porte, me laissant m'interroger sur les raisons qui faisaient que, avec lui, c'était toujours l'heure des grands. Je m'asseyais alors par terre, les genoux ramenés contre ma poitrine, et il m'arrivait de rester ainsi un long B moment à écouter leurs rires et leurs conversations. Dans le salon, au rez de chaussée, des vitrines montées sur mesure s'alignaient le long d'un mur incurvé. A l'intérieur étaient exposées des photos de famille encadrées: l'une d'elles, vieille et au grain épais, montrait mon grand père en compagnie du roi Nader shah en 1931, deux ans avant l'assassinat de celui-ci. Bottés et le fusil en bandoulière, tous deux posaient devant un cerf mort. Il y avait aussi une photo de mes parents, prise le soir de leur mariage, sur laquelle Baba apparaissait fringant dans son costume noir et ma mère semblable à une jeune princesse souriante vêtue de blanc. S'y ajoutait un cliché de mon père et de son meilleur ami et associé, Rahim khan, debout devant notre maison, aussi sérieux l'un que l'autre. Je suis le bébé que Baba tient dans ses bras avec un air fatigué et sévère. Lui me porte, mais c'est le petit doigt de Rahim que serre mon poing. Le mur incurvé conduisait à la salle à manger, au centre de laquelle trônait une table en acajou d'une longueur telle qu'une trentaine d'invités pouvaient y prendre place sans problème - ce qui, considérant le goût de mon père pour les soirées dispendieuses, se produisait presque chaque semaine. Enfin, au fond de la pièce, se dressait une imposante cheminée de marbre, constamment illuminée par la lueur orangée d'un feu de bois en hiver. Une large porte vitrée coulissante permettait ensuite d'accéder à une terrasse 100 semi circulaire ouvrant sur les cent ares de terrain qu'occupaient le jardin et les rangées de cerisiers. Baba et Ali avaient planté un petit potager le long du mur est, avec des tomates, de la menthe, des poivrons et un rang de mais qui n'avait jamais vraiment poussé. Hassan et moi avions baptisé cet endroit le « Mur du mais mal en point». 105 A l'extrémité sud du jardin, un néflier du Japon ombrageait la maison des domestiques, une modeste hutte en pisé' dans laquelle Hassan logeait avec son père. C'était là, dans cette cabane, qu'il avait vu le jour au cours de l'hiver 1964, un peu plus d'un an après que ma mère fut morte en me donnant naissance, 110 Je n'ai mis les pieds chez eux que deux ou trois fois durant les dix-huit années où j'ai habité cette propriété. Quand le soleil s'abaissait derrière les collines, Hassan et moi cessions nos jeux et nous nous séparions. Je longeais les rosiers pour regagner la somptueuse demeure de Baba, tandis que lui se dirigeait vers la masure dans laquelle il était né et avait vécu toute sa vie. Je me rappelle son 115 intérieur austère, propre et faiblement éclairé par deux lampes à pétrole. Deux matelas se faisaient face de part et d'autre de la pièce, avec au milieu un tapis élimé à motif herati dont les bords s'effilochaient et, dans le coin où Hassan dessinait, un tabouret à trois pieds et une table en bois. Les murs étaient nus à l'exception d'une tapisserie brodée de perles formant les mots Allah-u-akbar, 120 «Dieu est grand». Baba l'avait achetée pour Ali lors de l'un de ses voyages à Mashad. C'était dans cette hutte que la mère d'Hassan, Sanaubar, avait accouché par une froide journée de cet hiver 1964. Si la mienne était morte des suites d'une hémorragie, Sanaubar avait choisi, elle, de laisser son fils orphelin moins d'une 125 semaine après sa naissance en l'abandonnant au profit d'un sort que la plupart des Afghans jugent pire que la mort: elle s'était enfuie avec une troupe itinérante de chanteurs et de danseurs. Hassan ne parlait pas de Sanaubar, faisait comme si elle n'avait jamais existé. Je me suis toujours demandé s'il rêvait d'elle, de son visage, de l'endroit où elle se 130 trouvait. S'il aspirait à la rencontrer. Son absence lui pesait-elle autant qu'à moi celle de ma mère? Un jour que nous nous rendions à pied au cinéma Zainab, où passait un nouveau film iranien, nous avons coupé par les baraquements militaires situés près du collège Istiqulal. Baba nous avait interdit d'emprunter ce raccourci, mais il était alors au Pakistan avec Rahim khan. Nous avons 135 sauté par-dessus la barrière ceignant les casernes, franchi un petit ruisseau et débouché sur le terrain vague où de vieux tanks abandonnés prenaient la poussière. Quelques soldats s'étaient serrés à l'ombre de l'une de ces carcasses pour fumer et jouer aux cartes. L'un d'eux nous aperçut, decocha un coup de coude à son voisin et interpella Hassan. 140 - He, toi là-bas! Je te connais! Nous n'avions jamais vu cet homme trapu au crâne rasé qui affichait une barbe noire de quelques jours. Son sourire goguenard m'effraya. — Ne t'arrête pas, murmurai-je à Hassan. - Hé toi, le H-lazara! Regarde moi quand je te cause! aboya le soldat. 1.5 Il tendit sa cigarette au type à côté de lui |.): — l'ai fréquenté ta mère, tu le savais, ça? Je l'ai bien fréquentée, même. |.) Ses compagnons éclatèrent de rire. L'un d'eux poussa un cri aigu. Je répétai à Hassan de ne surtout pas s'arrêter. Plus tard, une fois le film commencé, j'entendis Hassan marmonner d'une voix 150 rauque dans le noir. Des larmes coulaient le long de ses joues. Je me penchai vers lui, l'entourai de mon bras et l'attirai contre moi. Il appuya sa tête sur mon épaule. — Il t'a confondu avec quelqu'un d'autre, lui chuchotai je. Il t'a confondu avec quelqu'un d'autre. La fuite de Sanaubar n'avait étonné personne, paraît-il. Les gens s'étaient deja 155 montrés sceptiques lorsque Ali, un homme qui avait appris le Coran par cœur, s'était marié avec cette femme de dix-neuf ans sa cadette, certes très belle, mais que l'on savait dépourvue de principes et qui n'avait pas failli à sa mauvaise réputation. Tous deux étaient chiites, membres de la communauté des Hazaras et cousins de surcroît. Il semblait donc naturel que son choix se portât sur elle. 160 Au-delà de ces liens d'appartenance, cependant, peu de points communs les rapprochaient, surtout pas leur apparence physique. Alors que, d'après la rumeur, Sanaubar en avait entraîné plus d'un dans le péché avec ses yeux verts étincelants et sa mine espiègle, Ali souffrait d'une paralysie congénitale des muscles inférieurs du visage qui 165 l'empêchait de sourire et lui conférait en permanence un air lugubre. C'était une chose étrange que de le voir heureux ou triste, car seuls ses yeux marron s'éclairaient ou s'assombrissaient. Les yeux sont le miroir de l'âme, affirme-t-on. Jamais ce dicton n'a été plus vrai que dans le cas d'Ali, car elle ne pouvait se dévoiler qu'à travers eux. J'ai entendu dire que la démarche chaloupée et provocante de Sanaubar engendrait des rêves d'infidélité chez les hommes. À l'inverse, Ali devait 175 à la polio une jambe droite tordue aux muscles si glisser ses os sous sa peau cireuse. Je me souviens d'un jour - j'avais huit ans - où il m'emmena au bazar acheter du naan 3. Je cheminais derrière lui en 180 fredonnant et en tentant d'imiter ses déhanche-ments. Sa jambe squelettique décrivait un arc de cercle, puis son corps s'inclinait jusqu'à former un angle impossible vers la droite quand il prenait appui sur ce pied-là. Qu'il ne basculât pas à la 185 renverse à chaque pas constituait un petit miracle en soi. Lorsque j'essayai de reproduire ce mouvement, il s'en fallut de peu que je ne m'affale dans le caniveau. Cela me fit rire. Ali se tourna alors et me surprit à le singer. Il ne m'adressa aucun reproche. Ni à cet instant, ni jamais par la suite. Il continua à avancer. 190 Ses traits et son allure effrayaient les jeunes enfants du quartier. Le vrai problème venait toutefois des plus âgés. Ceux-là le pourchassaient dans la rue et se moquaient de lui lorsqu'il passait en boitillant. Certains avaient pris l'habitude de l'appeler Babalu le Croque-mitaine. — Hé, Babalu, t'as mangé qui aujourd'hui? lui lançaient ils dans un concert de 195 ricanements. T'as mangé qui, Babalu le nez plat? Ils l'affublaient de ce surnom, le nez plat, en raison de ses traits mongoloïdes propres aux Hazaras. Des années durant, mes connaissances sur ces derniers se sont résumées à cette seule caractéristique - qu'ils descendaient des Mongols et ressemblaient un peu aux Chinois. Les manuels scolaires n'en parlaient presque 200 pas et ne faisaient que brièvement allusion à leurs ancêtres. Cependant, un jour que je jetais un œil sur les affaires de Baba dans son bureau, je tombai sur l'un des vieux livres d'histoire de ma mère. Il avait été écrit par un Iranien nommé Khorami. Je soufflai dessus pour ôter la poussière, l'emportai discrètement dans mon lit ce soir-là et découvris avec surprise un chapitre entier consacré à 205 l'histoire des Hazaras. Un chapitre entier sur le peuple d'Hassan! Je lus que mon ethnie, les Pachtouns, avait persécuté et opprimé les Hazaras. Que ceux-ci s'étaient efforcés de recouvrer leur liberté à de nombreuses reprises au fil des siècles, mais que les Pachtouns avaient « réprimé ces tentatives avec la plus grande cruauté». Le livre expliquait que les miens avaient tué et torturé les Hazaras, brûlé leurs 210 maisons et vendu leurs femmes. Il expliquait que ces massacres tenaient en partie au fait que les Pachtouns étaient des musulmans sunnites, alors que les Hazaras étaient chiites. Il expliquait une foule de choses que j'ignorais, des choses que mes professeurs n'avaient jamais évoquées. Ni Baba, d'ailleurs. En revanche, il ne m'apprenait rien en ajoutant par exemple que les gens traitaient les Hazaras 215 de « mangeurs de souris» et de « mulets de bât 4 au nez plat ». J'avais déjà entendu des enfants crier ces insultes à Hassan. La semaine suivante, après la classe, je montrai le livre à mon professeur en attirant son attention sur le chapitre en question. Il en parcourut rapidement quelques pages, ricana et me le rendit. - Les chiites ne sont bons qu'à ça, commenta-t-il en même temps qu'il rassemblait ses papiers. Se faire passer pour des martyrs. Il fronça le nez en prononçant le mot «chiite», comme s'il s'agissait d'une maladie. Malgré leur héritage ethnique commun et leurs liens de parenté, Sanaubar n'était pas en reste de railleries à l'égard d'Ali. D'après ce que l'on m'a raconté, elle affichait même ostensiblement le mépris que lui inspirait son physique. Vous parlez d'un mari, ironisait-elle. l'ai vu des ânes mieux taillés pour ce rôle! 230 Au bout du compte, la plupart des gens ont soupçonné ce mariage d'être une sorte d'arrangement conclu entre Ali et son oncle, le père de Sanaubar, afin d'aider celui-ci à laver une partie du déshonneur qui entachait son nom. Ali ne s'en est jamais pris à aucun de ses persécuteurs, en raison, je suppose, de cette jambe tordue qui l'empechait de les attraper. Mais le fait est surtout que s leurs insultes ne l'atteignaient pas. Il avait trouvé une source de joie et un antidote à l'instant même où Sanaubar avait mis Hassan au monde. L'affaire avait été assez vite expédiée. Pas d'obstétricien, pas d'anesthésiste, pas d'appareil sophistiqué. Juste Sanaubar, allongée sur un matelas sale, avec Ali et une sage femme pour l'assister. Encore qu'elle n'ait guère eu besoin d'aide, car Hassan 240 s'était montré fidèle à sa nature dès la naissance, c'est-à-dire incapable de blesser quiconque. Deux ou trois grognements, quelques poussées, et il était sorti. Tout sourire. Ainsi que l'avait confié la volubile sage-femme à l'une des servantes de nos voisins, laquelle l'avait à son tour rapporté à quiconque voulait bien l'écouter, Sanaubar s'était contentée de jeter un bref coup d'œil au bébé que berçait Ali et, à la vue de son bec-de lièvre, avait eu un nre amer. — Tu es content! Maintenant, tu as un gamin débile qui sourira à ta place! Elle avait refusé de prendre son fils dans ses bras et s'était enfuie cinq jours Baba avait engagé la même femme qui m'avait allaité pour prendre soin d'Hassan. Ali nous la décrivait comme une Hazara aux yeux bleus originaire de Bamiyan, la ville aux statues de Bouddha géantes. - Elle avait une si jolie voix, disait-il. Hassan et moi lui demandions souvent ce qu'elle chantait, tout en connaissant déjà la réponse - Ali nous l'avait répété je ne sais combien de fois. En réalité, nous voulions juste l'entendre entonner ce refrain. Il se raclait la gorge et se lançait: « Au sommet d'une montagne l'ai crié le nom d'Ali, Lion de Dieu. Oh Ali, Lion de Dieu, Roi des Hommes Apporte la joie dans nos cœurs attristés.» Puis il nous rappelait qu'il existait une fraternité entre les hommes nourris au même sein, des liens que même le temps ne pouvait rompre. Hassan et moi avions bu le même lait. Nous avions effectué nos premiers pas sur la même pelouse, dans le même jardin. Et, sous le même toit, nous avions prononcé nos premiers mots. Le mien avait été « Baba». Le sien, « Amir». Mon prénom. Avec le recul, je crois que ces deux mots portaient déjà en germe les événements 270 de l'hiver 1975 - et tout ce qui s'ensuivit. Compréhension et interprétation 1 Dans l'extrait, Amir raconte son enfance et parle de son ami Hassan. D'après les souvenirs d'Amir, quelle description est-il possible de faire d'Hassan? Remplissez le tableau suivant. CARACTÉRISTIQUES DU PERSONNAGE D'HASSAN Traits physiques (5) Traits psychologiques(2) Traits culturels et sociaux ( 4) HoToras Visage rond Dez plat et large petite orcilles basses Menton pointu bec de-lielre Amir et Hassan sont des amis, et un lien de fraternité les unit, même s'ils sont différents. Remplissez le tableau en indiquant les caractéristiques communes aux deux personnages, puis celles qui révèlent la supériorité sociale d'Amir. Caractéristiques communes (4) Caractéristiques qui montrent la supériorité sociale d'Amir (4) est tout de même possible de dégager quelques-uns de ses traits. Quelles caractéristiques psychologiques associez-vous aux passages suivants? Culpabililer La scène date d'l y a longtemps mais, je le sais maintenant, 'est une erreur d'affiner que l'on peut enterrer le passé: il S'accroche tant et si bien qu'il remonte toujours à la surface. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que je n'ai cessé de fixer cette ruelle déserte depuis vingt-six ans. (lignes 4-7) Passage 2 Nostalgique l'ai contemplé les cerfs-volants jumeaux. T'ai pensé à Hassan. À Baba. À Ali. À Kaboul. Jai pensé à la vie que j'avais menée jusqu'à ce que l'hiver 1975 vienne tout bouleverser. Et fasse de moi ce que je suis aujourd'hui. (lignes 23-26) I canactéristique psy. rli٠le٨ Mart Le narrateur ne mentianne pas textuellement qu'Ali, le père d'Haşsan, est un homme pieux par contre, on peut le deviner. À l'aide de quels indices est-il possible de l'affirmer? Bina.‹'. Il est cent dans le texte que Baba avail acheler un tapicer brade de perle formant les mats Allah-v-akbar «Dieu est grand pour Ali. Le narrateur Baba est une figure paternelle très différente d'Ali, du moins dans le souvenir d'Amir. a) Que pouvez-vous déduire de la personnalité de ces deux personnages à partir des descriptions d'Amir? Kaboul Version provisoire neune emoulan ) La description qu'Amir fait de Baba et d'Ali est-elle objective ou subjective? Justifiez votre point de vue Le narrateur décrit Sanaubar selon les rumeurs qu'il a entendues. a) Identifiez un trait de la personnalité de Sanaubar et justifiez votre réponse à l'aide d'un passage du texte. • Aspect de sa personnalité: • Passage: b) Indiquez ce que vous savez de Sanaubar en ce qui concerne... • son statut social: • son apparence physique: De quelle manière le lieu où est campé le récit peut-il avoir influé sur votre perception des personnages? Appréciation Khaled Hosseini, l'auteur, utilise un narrateur au «je ». Quel effet a-t-il créé ce faisant ?"

Corrigé complet de l'analyse littéraire des chapitres 1 et 2

Le corrigé complet répond à chaque consigne de votre document avec des citations précises. Il détaille les portraits d'Hassan, d'Amir, de Baba, d'Ali et de Sanaubar, ainsi que l'impact du cadre afghan. Vous pouvez recopier directement les tableaux et justifications présentés dans l'artefact sélectionné.
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Corrigé d'analyse littéraire - Les Cerfs-volants

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Ce corrigé est le plus exhaustif et intègre l'analyse morphologique du mot « inexpiées » ainsi que des tableaux très soignés.
### Vocabulaire : « Inexpiées »
- **Préfixe** : *in-* (préfixe privatif marquant la négation ou l'absence).
- **Radical** : *expier* (du latin *expiare*, réparer une faute, payer pour un péché ou subir un châtiment réparateur).
- **Signification globale** : Fautes qui n'ont pas été pardonnées, rachetées ou réparées par une punition ou un acte d'expiation.

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### 1. Caractéristiques du personnage d'Hassan

| Catégories | Éléments textuels relevés |
| :--- | :--- |
| **Traits physiques (5)** | 1. Visage presque parfaitement rond (semblable à une poupée chinoise sculptée).<br>2. Nez plat et large.<br>3. Yeux bridés étroits comme des feuilles de bambou (dorés, verts ou saphir selon la lumière).<br>4. Petites oreilles basses et menton pointu.<br>5. Bec-de-lièvre légèrement décalé à gauche. |
| **Traits psychologiques (2)** | 1. **Dévoué et loyal à l'extrême** (« Hassan me cédait toujours en tout », « Jamais il ne me dénonçait »).<br>2. **Incapable de malveillance ou de blesser autrui** (doux, bienveillant, même sous les provocations). |
| **Traits culturels et sociaux (4)** | 1. Membre de l'ethnie minoritaire **Hazara**.<br>2. Musulman **chiite**.<br>3. Fils de domestique (condition sociale modeste, vit dans une hutte en pisé).<br>4. Victime de discriminations et d'insultes racistes de la part de la majorité pachtoune. |

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### 2. Amir et Hassan : Fraternité et Supériorité Sociale

| Caractéristiques communes (4) | Caractéristiques montrant la supériorité sociale d'Amir (4) |
| :--- | :--- |
| 1. Nourris au même sein (même femme allaitante). | 1. Amir est de l'ethnie dominante **pachtoune** ; Hassan est **hazara**. |
| 2. Premiers pas et jeux partagés dans le même jardin d'enfance. | 2. Amir habite un luxueux manoir en marbre ; Hassan vit dans la cabane de boue/pisé des domestiques. |
| 3. Élevés sans mère (la mère d'Amir est morte à l'accouchement ; celle d'Hassan l'a abandonné). | 3. Amir est le fils du maître/propriétaire riche (Baba) ; Hassan est le fils du serviteur (Ali). |
| 4. Premiers mots prononcés sous le même toit (« Baba » pour Amir, « Amir » pour Hassan). | 4. Amir a accès à l'éducation, aux livres et à la culture écrite ; Hassan subit le statut de subalterne dominé. |

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### 3. Caractéristiques psychologiques des passages
- **Passage 1 (lignes 4-7)** : **La culpabilité et le remords persistant.** Le narrateur est hanté par un passé qu'il n'arrive pas à effacer et continue de vivre avec le poids d'une lâcheté ancienne.
- **Passage 2 (lignes 23-26)** : **La nostalgie et l'espoir de rédemption.** Un regard mélancolique sur l'enfance perdue mêlé à la prise de conscience qu'il existe enfin une opportunité de réparer ses erreurs.

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### 4. La piété d'Ali
On peut affirmer qu'Ali est un homme profondément pieux grâce aux indices suivants :
1. Le texte mentionne explicitement qu'il a **appris le Coran par cœur** (hafiz).
2. Il rappelle souvent les préceptes religieux à son fils, notamment la mise en garde contre le diable qui distrait les musulmans durant la prière.
3. La seule décoration présente sur les murs nus de sa modeste hutte est une tapisserie brodée formant la louange sacrée **« Allah-u-akbar »** (« Dieu est grand »).
4. Il entonne des chants religieux traditionnels dédiés à la figure spirituelle de l'Imam Ali (« Lion de Dieu »).

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### 5. Comparaison des figures paternelles : Baba et Ali
**a) Personnalités déduites :**
- **Baba** : Personnage charismatique, puissant, autoritaire, sociable et matérialiste. Il aime les affaires, la politique et les grandes réceptions, imposant une distance intimidante avec son fils (« C'est l'heure des grands »).
- **Ali** : Homme humble, effacé, stoïque, doux et profondément bon. Il accepte son sort avec dignité et patience, n'exprimant aucune rancœur ni violence envers ceux qui le maltraitent.

**b) Objectivité ou subjectivité d'Amir :**
La description est **hautement subjective**. Amir décrit son père à travers le filtre de son besoin désespéré d'admiration et de validation, et Ali à travers le prisme de l'affection bienveillante mais aussi des préjugés sociaux intériorisés dès l'enfance.

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### 6. Le personnage de Sanaubar
**a) Personnalité et justification :**
- **Aspect de sa personnalité** : Immorale, cruelle et superficielle.
- **Passage** : *« Tu es content ! Maintenant, tu as un gamin débile qui sourira à ta place ! »* (Elle rejette son bébé à cause de son bec-de-lièvre et abandonne sa famille quelques jours après la naissance).

**b) Éléments d'information :**
- **Statut social** : Hazara chiite, marginalisée et stigmatisée socialement par sa conduite dérogeant aux mœurs afghanes traditionnelles (enfuie avec une troupe d'artistes itinérants).
- **Apparence physique** : Très belle femme aux yeux verts étincelants, au regard espiègle et à la démarche provocante et chaloupée.

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### 7. Influence du lieu (Kaboul / contexte afghan)
Le cadre spatio-temporel (Kaboul dans les années 1970) ancre le récit dans un ordre féodal et hiérarchisé. La juxtaposition architecturale (le palais de Wazir Akbar Khan face à la hutte en pisé) matérialise spatialement les clivages ethniques (Pachtouns contre Hazaras) et religieux (sunnites contre chiites), ce qui accentue la vulnérabilité des opprimés et la fatalité sociale de leur destinée.

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### 8. Effet de la narration à la première personne (« je »)
L'emploi du narrateur intradiégétique crée :
- **Une intimité émotionnelle et une authenticité poignante**, plongeant immédiatement le lecteur au cœur des remords, des non-dits et de la vulnérabilité morale du protagoniste.
- **Une tension dramatique rétrospective**, le regard adulte d'Amir (en 2001) projetant une lucidité tragique sur les souvenirs et les lâchetés de ses douze ans.
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Where they agree

✓Hassan est caractérisé par sa loyauté indéfectible, sa gentillesse et ses traits physiques hazaras.
✓La supériorité d'Amir s'exprime par son statut social, ethnique (Pachtoun) et son privilège matériel.
✓La piété d'Ali est prouvée par sa mémorisation du Coran, ses chants et la tapisserie « Allah-u-akbar ».

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